Où v'Almond #3 - Congés hormonaux


Introduction

En ce mois de mars, mois des droits des femmes, Solidaires Informatique souhaite mettre l’accent sur un dispositif que certaines entreprises mettent peu à peu en œuvre : les congés hormonaux.

À défaut d’égalité dans le fonctionnement des corps, tournons nous vers l’équité dans le fonctionnement de l’entreprise : Almond se doit d’accueillir les personnes avec les effets de leurs variations hormonales tout au long de la vie. Un environnement de travail devient inclusif lorsqu’il s’adapte pour offrir une place à tous·tes en fonction de ses besoins.

Solidaires Informatique revendique la mise en place de congés payés supplémentaires à la disposition des salarié⋅es le nécessitant.

Contexte

En 2024, Almond emploie 109 femmes sur 399 personnes, soit 27% de ses salarié⋅es. Dans l’optique de favoriser la qualité de vie et des conditions de travail (QVCT) et l’équité entre les femmes et les hommes au sein d’Almond, il est nécessaire que la direction se saisisse du sujet.

Le cycle hormonal a une durée moyenne de 28 jours. Ce cycle – et la vie hormonale en général – a des effets sur le corps des concerné⋅es. Ces différentes étapes sont :

  • les règles ;
  • le syndrome prémenstruel ;
  • l’ovulation (inflammatoire sans souci de pathologie) ;
  • la période de procréation (préparée ou non, il y a mobilisation psychique et arrêt de la pilule et des hormones) avec en plus questionnement sur le fait d’être enceinte ou non (quel que soit son choix) à gérer au travail, le premier trimestre de grossesse qu’on doit taire (on ne sait jamais) mais qui est un énorme bouleversement hormonal et physique ;
  • la période d’interruption de grossesse ;
  • la contraception à la charge des femmes (rdv médicaux, pose/dépose de stérilet, étapes des changements hormonaux) ;
  • traitements hormonaux (transition de genre, contraception, ménopause, FIV…) ;
  • la période pré-ménopause, la ménopause, et la post-ménopause.

Tous ces éléments nécessitent un aménagement du travail et la mise en place du congé hormonal.

Pourquoi mettre en place les congés hormonaux ?

De toutes ces étapes, seules les règles sont mises en visibilité dans les propositions de lois et dans les enquêtes sur le sujet.

Les différents textes de loi proposés sur les congés menstruels parlent des douleurs incapacitantes des règles. Ces douleurs concernent la majorité des femmes mais toutes n’en connaissent pas le côté incapacitant. Selon un sondage IFOP de mai 2021, seulement 10 à 12 % des femmes déclarent ne pas avoir de douleur pendant les règles, cela laisse 90% des femmes avec des douleurs.

Selon un autre sondage IFOP d’octobre 2022, « 65% des femmes en activité salariée ont déjà été confrontées à des difficultés liées à leurs règles au travail » : douleurs (au ventre, mais aussi au dos, seins, jambes…), diarrhées, constipations, flatulences, impossibilité à se changer dans un lieu propre, efforts de concentration, baisse de vigilance, vertiges, malaises, fatigue intense, souffrance et charge cognitive liée au fait de devoir cacher un état pourtant naturel, etc. La vie hormonale, procréative et contraceptive a des conséquences physiques, psychiques et cognitives largement sous-évaluées.

Parmi les personnes qui souffrent de ces conséquences durant leur temps de travail figurent nécessairement des collègues et des proches. Non seulement elles les supportent mais en plus, la société (au travail, dans la vie personnelle, et jusque dans le foyer) exige d’elles de cacher soigneusement les effets de cette vie hormonale. Dissimuler son état physiologique est extrêmement coûteux émotionnellement et cognitivement. Les personnes sujettes à ces obligations font plus d’épisodes dépressifs, anxieux ou d’épuisement au travail que les autres. Les conséquences psycho-cognitives de l’injonction à cacher leur état sont en elles-mêmes des facteurs de risque physique et psychique (RPS).

Selon le sondage IFOP de mai 2021, parmi l’ensemble de leurs activités quotidiennes, le travail est la dernière activité à laquelle les personnes concernées renoncent après toutes les autres à certaines périodes du cycle. Elles renoncent en priorité aux activités récréatives, ce qui veut dire qu’elles priorisent vers le travail les forces qui leur restent à certains moments.

Les congés hormonaux permettent aussi d’adresser un large spectre de maladies méconnues, mal diagnostiquées et mal pris en charge (l’endométriose concernent 10% des femmes, les fibromes concernent 25% des femmes ; les syndromes des ovaires polykystiques - SOPK - concernent 10% des femmes, etc.) qui peuvent toucher l’ensemble des salarié⋅es.

Pourtant, à ce jour, les entreprises françaises et la législation ont très peu investi le sujet alors que 66% des salariées en France se disent favorables à l’instauration d’un tel dispositif.

Propositions du syndicat Solidaires Informatique

Nous revendiquons la mise en place de 12 jours de congés payés supplémentaires par an.

Des jours de congés hormonaux sans certificat médical, dans la limite de trois jours consécutifs sont pertinents pour ne pas se substituer aux arrêts maladies en cas de pathologie plus importantes. Ces jours de congés doivent être attribués sans discrimination de genre, accessibles à tous·tes, car à nouveau, le cycle de vie hormonal touche tout le monde.

Ces propositions s’appuient sur les besoins de plusieurs salarié⋅es concerné⋅es et consulté⋅es ainsi que sur des retours positifs d’entreprises de notre secteur où ce type de congé a été mis en place.

Nous souhaitons que ce dispositif soit évalué, sur une durée de 6 mois, afin d’en tirer un bilan conjointement avec les élu⋅es du personnel et les syndicats, la direction, et bien sûr les salarié⋅és.

À suivre

La proposition précédente sera discuté prochainement avec l’ensemble des élu⋅es CSE et sera présentée à la direction.

Nous continuerons à communiquer avec vous sur l’avenir donné à cette proposition et n’hésitez pas nous faire vos retours concernant ce point !

N’hésitez pas à nous contacter pour toute question : almond@solidairesinformatique.org

Nos communications sont disponibles sur notre site internet : https://almond.solidairesinformatique.org/